Encourager l’achat local ou encourager la production chez nous ?

0
Encourager l'achat local

Encourager l’achat local

Le gouvernement du Québec a mis sur pied le « Panier bleu », qui consiste à faire une liste des entreprises québécoises qui produisent ou qui vendent ici, au Québec. Ce qu’on souhaite, c’est d’attirer l’attention sur les produits d’ici afin que les Québécois achètent davantage de produits faits chez nous et ainsi contribuer au développement des entreprises québécoises en mettant leurs produits en valeur, créer des emplois et promouvoir le dynamisme de l’économie locale.

Nous avons déjà eu ce genre d’initiative dans le passé et cela ne donne pas toujours les bienfaits espérés. Pourquoi ? Le consommateur recherche d’abord et avant tout des produits de qualité au meilleur prix possible, peu importe leur provenance. Ce sont ces produits qu’il achète, pas du patriotisme. Et je crois que ce sera particulièrement vrai durant cette crise de la COVID-19, car le consommateur est davantage appauvri. Si ce sont les produits québécois qui sont les meilleurs et les moins chers, il les achètera sans doute et l’inciter à acheter chez nous dans ce cas est inutile. Cela se fera tout seul.

Cependant, si ce sont les produits d’ailleurs qui sont de meilleure qualité et moins chers, le consommateur n’aura pas tendance à se « sacrifier » en achetant un produit québécois de moins bonne qualité et plus cher. Et de plus, il n’est pas en train d’épargner et il lui restera moins d’argent pour acheter autre chose. Pour éviter cela, le gouvernement pourrait songer à subventionner les produits des firmes québécoises afin qu’elles puissent être compétitives. Et on doute que cela ne soit pas acceptable pour l’ensemble de la population.

La production chez nous

Une solution de rechange serait de subventionner les entreprises québécoises qui se sont installées ailleurs dans le monde afin de profiter de salaires moins élevés, des normes, des guides et des standards de sécurité au travail, de pollution, de santé, etc. Ou pour se rapprocher de leurs marchés à l’étranger pour être plus proches de leurs consommateurs afin de minimiser les coûts de transport et de distribution.

Je crois qu’il pourrait être intéressant de voir combien il faudrait que les gouvernements subventionnent ces entreprises pour qu’elles restent ici. Subventionner les salaires, les coûts de transport et de distribution à l’exportation, etc. Vous allez dire que cela n’a pas d’allure, jamais les Québécois n’accepteraient cette idée.

Cependant, on créerait des milliers d’emplois ici, au Québec, et cela ferait baisser le taux de chômage. Les gouvernements auraient moins d’argent à dépenser en assurance-emploi ou en bien-être social. Les gens travailleraient ici et paieraient des impôts sur leurs revenus et les entreprises, des impôts sur leurs profits. Et si on ajoute à cela tout l’argent qui entrerait au gouvernement en TPS et en TVQ, je ne suis pas certain que cela coûterait si cher aux gouvernements.

Sans compter les revenus générés par la location de locaux, les emplacements dans les centres d’achats, de la construction de nouveaux locaux dans les parcs industriels, etc. Et il faut des meubles pour meubler, de l’électricité pour faire marcher, de la plomberie, des polices d’assurance, des emprunts bancaires, de la publicité, des notaires, des avocats, des comptables, etc. qui eux aussi gagneraient plus de revenus et paieraient des impôts et de la TPS et TVQ. On aurait un déficit commercial moins important. Et je suis certain que j’oublie d’autres effets directs, indirects et induits.

Bref, cela pourrait finir par ne rien coûter à la collectivité. Au contraire.

À y penser et à explorer.

PARTAGER
Article précédentJusqu’à 40 000 $ de subvention pour les entreprises : le PAFEMAP est de retour pour planifier votre relance !
Article suivantPourquoi c’est le moment de travailler sur votre entreprise!
Guy Mineault

Guy Mineault Ph.D

Jeune, j’ai été économiste avec General Motors au siège social à Oshawa en Ontario et j’ai aussi travaillé pour la CIBC au siège social à Commerce Court Toronto. Par la suite j’ai enseigné au niveau universitaire pendant 32 ans en économie, en finance et en placements.

Depuis 1994, je donne aussi des formations et des conférences en économie et en placements. Elles sont accréditées avec la CSF, l’IQPF et l’IIROQ. J’ai aussi fait plusieurs émissions de télévision, des webinaires et de courts vidéos sur les placements en fonds.

Il y a six ans j’ai été co-fondateur du MIDIF, (Mouvement d’information et d’aide aux investisseurs en fonds). Cet OSBL se veut de démythifier et démystifier des propos parfois exagérés dans l’industrie ou de demi-vérités. Il y a aussi une FAQ d’une centaine de questions sur la thématique. Vous y trouverez aussi une application mobile qui vous permet d’évaluer la performance d’investissement de vos fonds ou portefeuilles maison.

En 2010 j’ai écrit et publié un livre « Réussir ses placements sans les subir ». Ce livre s’adresse autant au conseiller en épargne collective qu’à l’investisseur averti. Il permet de voir comment choisir ses fonds selon l’approche fondamentale.

Depuis 2014, et avec la participation d’autres, il a conçu un outil de travail qui s’appelle « Kolortrak ». Ce logiciel est simple d’utilisation et très puissant. Il permet d’analyser et d’évaluer des fonds et des portefeuilles maison selon une approche innovatrice. Au moment ou j’écris ces lignes, l’investisseur a le choix de 37800 fonds différents, 56 catégories, 11 sous-secteurs et 210 familles de fonds et sans compter les nombreuses régions. Il est facile d’utilisation et il permet de choisir ses fonds parmi ses pairs. Il y a aussi une application mobile qui permet de voir la performance de ses fonds. Vous pouvez trouver cela sur le site « Kolortrak.com ». Vous y trouverez aussi 11 heures de vidéos de formation sur l’économie, la bourse et les placements.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci de mettre votre commentaire
Merci d'indiquer votre nom ici