Comment prendre des risques calculés en affaires? 6 points à considérer!

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prendre des risques

Être dans les affaires, c’est prendre des risques

Une des caractéristiques principales des entrepreneurs est justement de prendre des risques là où plusieurs n’osent pas s’aventurer. Ils affirmeront tous que ce sont des risques « calculés » et que ceux qui réussissent sont ceux qui ont fait le bon calcul, ceux qui ont bien évalué le paysage et qui ont pris les bonnes mesures.

Mais qui peut dire qu’il a pensé à tout ?

« Je n’aime pas l’idée que je ne suis pas en contrôle de ma vie »

– Neo

Lorsqu’un entrepreneur décide de se lancer en affaires, il est connu et reconnu que la première étape devrait être la rédaction d’un plan d’affaires. C’est une étape cruciale de réflexion sur chacune des composantes de l’entreprise, d’un point de vue stratégique jusqu’à une réalité opérationnelle pratique, en passant par les moyens et les outils qu’ils utiliseront pour atteindre leurs objectifs.

Pour les entreprises déjà établies, l’exercice de révision stratégique procure les mêmes bénéfices. C’est en quelque sorte une projection de l’entreprise dans le futur, comme si c’était une entreprise, version améliorée 2.0.

Le plan d’affaires et la révision stratégique posent les mêmes questions :

  • Est-ce que la direction de l’entreprise respecte toujours sa mission ?
  • Qu’est-ce qui est requis pour réaliser la vision, les objectifs ?
  • Est-ce que les idées et les moyens prévus sont réalistes ? Rentables ?
  • Quels sont les problèmes principaux auxquels le projet pourrait être confronté ?
  • Quels seront les plans B, C et D, les solutions de rechange s’il survenait des imprévus ou de mauvais calculs ? Est-ce que certaines décisions pourraient mettre en péril la santé financière de l’entreprise, professionnelle ou personnelle de son propriétaire ?

L’essence même de la gestion du risque d’entreprise !

L’idéal serait d’agir comme le héros du film La Matrice; de prendre pleine conscience de nos forces et de nos faiblesses et d’incorporer ces réflexions dans nos actions au quotidien, au cœur même de la prise de décision. En considérant des questions de cette nature, on peut regarder le paysage et voir les tempêtes au loin, les routes bloquées, les feux et les zones dangereuses, puis prendre les mesures pour les éviter ou s’équiper pour les traverser.

Certains problèmes et menaces sont bien connus, d’autres moins. Ce sont justement ces derniers qui pourraient avoir des effets catastrophiques sur la survie de l’entreprise. Parmi ceux-ci on retrouve les cyberattaques, les désastres naturels (feux, bris de conduites d’eau, fuites de gaz), fraude interne, etc. Il est donc essentiel d’y penser et de prévoir au meilleur de nos connaissances.

Mais par où commencer ?

Selon les ressources de l’entreprise et son niveau de maturité, l’effort peut varier. Il existe des experts en gestion du risque d’entreprise qui peuvent aider à organiser le travail et offrir des options, mais il est possible, pour les gestionnaires, de faire un premier tour de roue en peu de temps et sans trop d’efforts.

En appliquant la démarche ci-dessous, vous aussi pourrez faire comme Keanu Reeves et voir les problèmes arriver au ralenti, éviter les dommages et être en plein contrôle de la situation.

Voici une démarche simple pour y arriver :

1- Prendre du recul et être objectif – Prendre du temps pour s’organiser, se protéger et se préparer est un investissement. Il faut donc prévoir un moment spécifique à l’écart du quotidien pour faire le travail. Organiser une rencontre d’une durée d’une journée, avec 3 ou 4 individus-clés, à l’aide d’un procès-verbal clair. Cela produira d’excellents résultats. Le mot d’ordre est d’être objectif, transparent, prêt à soulever des enjeux, respectueux des opinions des autres et en discuter.

2- Regarder le paysage – Le premier pas est de faire le tour de chacun des secteurs de l’entreprise pour identifier la source des problèmes existants et réfléchir à ce qui pourrait en créer de nouveaux, en utilisant le brainstorming. On veut identifier ce qui pourrait avoir un impact significatif sur la survie de l’entreprise, sans écarter de possibilités. Il existe plusieurs outils sur le Web pour aider à cette réflexion (voir les références plus loin).

3- Prioriser –Ayant maintenant une liste des risques par secteur, votre groupe « d’experts » doit déterminer pour chacun quels seraient l’impact financier, les efforts requis et le risque sur la réputation de l’organisation si un événement se produisait. Ensuite, quelle est la possibilité qu’il se réalise en tenant compte de ce que leur organisation a présentement en place pour les éviter. Ces deux informations feront ressortir les plus grands dangers (grands impacts) et ceux qui sont possibles et probables; autrement dit, vous savez maintenant où l’entreprise est vulnérable.

4- Agir – Après avoir pris connaissance des vulnérabilités, il faut trouver comment éviter les problèmes ou à tout le moins les minimiser. Il est faux de croire que les actions qui en ressortiront seront dispendieuses. Parfois, un simple changement dans le processus, l’ajout d’un deuxième signataire ou d’une vérification ad hoc peut tout changer.

5- Effectuer un suivi – Tous ces efforts n’auront rien donné si un suivi n’est pas fait pour s’assurer que les actions retenues sont réalisées. Une rencontre mensuelle de 30 minutes (6 heures par année) pourrait éviter des pertes majeures pour l’organisation. Un investissement plus que raisonnable compte tenu des bénéfices probables.

6- Changer la culture – Ultimement, le simple fait de vouloir éviter des problèmes, d’en parler, d’agir pour le futur peut changer la dynamique au sein de l’organisation. La transparence et la communication ont pour effet d’inciter les employés à se responsabiliser pour prévenir les problèmes et trouver des solutions en amont.

En appliquant ces simples étapes, les décisions que vous prendrez seront basées sur vos forces et en pleine connaissance de vos vulnérabilités. Votre quotidien sera allégé et votre organisation sera mieux protégée. C’est tout un rendement sur votre investissement !

 Référence : La gestion des risques – Réseau Entreprises Canada, Info Entrepreneurs

https://www.infoentrepreneurs.org/fr/guides/bl—gestion-des-risques/

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François Grégoire

François Grégoire

Expert en Gestion du Risque d’entreprise, Certifié PECB – ISO 31000, Gestionnaire principal de risque

Grâce à un cumul de 25 années dans des rôles de direction stratégiques et opérationnels au sein de grandes institutions canadiennes et internationales, ainsi qu’à une certification ISO 31000 en gestion des risques, François Grégoire a pu acquérir une vaste expérience et des compétences pratiques pour conseiller des entreprises de toutes tailles dans leurs efforts pour organiser et améliorer leur gestion et leur gouvernance.

Que ce soit par des mandats de consultation à travers son cabinet-conseil CETERIS, par des projets collaboratifs, des sessions de formation ou par la participation à des conférences, il est en mesure de vulgariser les concepts et outils de gestion du risque normalement réservés aux grandes entreprises pour les rendre réels, concrets et adaptés à la réalité des PME.

Son objectif est bien clair : aider les PME à assurer leur pérennité et leur succès à long terme, par une approche basée sur la gestion des menaces et des risques qui est propre à leur réalité. Ainsi, les décideurs d’entreprise sont en mesure de prioriser comment ils utilisent leurs ressources en temps et en argent, prévoir les imprévus et réduire les impacts financiers d’événements fortuits. Comment régler les problèmes de demain, aujourd’hui.

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