Changements climatiques : entreprises, faites-vous partie du problème ou de la solution ?

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Changements climatiques

La semaine dernière (du 23 au 27 septembre) se déroulait une série d’activités liées aux changements climatiques, en commençant par le Sommet Action Climat des Nations Unies à New York le lundi et culminant avec La marche pour le climat, qui s’est avérée non seulement la plus grosse manifestation de l’histoire du Québec, mais la plus grosse manifestation de la semaine dans le monde.

Beaucoup de promesses et d’engagements ont été pris durant cette semaine, autant des gouvernements que des investisseurs. Parmi celles-ci, un regroupement de détenteurs d’actifs (le Net-Zero Asset Owner Alliance) ayant plus de 2 400 milliards de dollars d’actifs – dont la Caisse de dépôt et placement du Québec – s’est engagé à avoir un portefeuille neutre en carbone d’ici 2050.

Ça veut dire quoi ?

Ça veut surtout dire que pour réduire l’empreinte carbone de leurs portefeuilles, ces investisseurs doivent réduire l’empreinte carbone (le total des émissions de gaz à effet de serre ou GES) des entreprises qu’elles détiennent dans leurs portefeuilles. Comment ? Par la sélection de leurs placements, mais aussi par de l’engagement actionnarial, c’est-à-dire des conversations, des demandes spécifiques, voire des pressions auprès des conseils d’administration et hautes directions de ces entreprises.

Alors, entreprises, quand il s’agit des changements climatiques, faites-vous partie du problème ou de la solution ?

Il est désormais convenu que les changements climatiques constituent un risque systémique à l’échelle mondiale auquel personne n’échappe, y compris les entreprises.

Le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (Taskforce on Climate-related Financial Disclosures, ou TCFD) explique bien comment nous devons considérer deux types de risque liés aux changements climatiques, soit les risques de transition et les risques physiques. Je reviendrai sur ces derniers plus loin. Pour ce qui est des risques de transition, il s’agit des effets liés à la décarbonisation de l’économie, y compris l’augmentation de politiques, de règlementations ou de taxes, le remplacement d’énergies fossiles par des énergies renouvelables ou la modification des habitudes des consommateurs.

Les entreprises tombent essentiellement dans l’une des trois catégories : celles qui génèrent d’importantes quantités de GES, dites polluantes, et qui à priori font partie du problème, celles dont les activités ne contribuent ni ne diminuent les émissions de GES, et celles dont les activités aident à réduire ou éliminer les GES, et qui à priori font partie de la solution.

Je dis à priori, car il appartient aux entreprises d’identifier et d’analyser l’impact qu’elles ont sur les changements climatiques et de définir, par leur orientation stratégique et leurs activités, le rôle à long terme qu’elles souhaitent jouer.

Pour ce qui est des risques physiques, il s’agit des manifestations et conséquences d’un climat changeant et imprévisible, comme les dégâts liés aux tempêtes non seulement plus fréquentes, mais plus sévères, les inondations, les pénuries d’eau, les pénuries ou la cherté de la nourriture, les migrations de masse forcées, etc. Dans ce cas, toutes les entreprises sont concernées d’une manière ou d’une autre. Elles se doivent d’en tenir compte dans leur gestion de risque. Trois choses dont elles ont besoin pour ce faire :

  • une perspective à très long terme, c.-à-d. 10, 20 ou 30 ans
  • une analyse et une reddition de compte prospectives, car le passé ne sera certainement pas garant de l’avenir
  • un arrimage de leurs stratégies et objectifs à des programmes d’envergure, tels que les contributions déterminées au niveau national de la COP21 ou les Objectifs de développement durable de l’ONU.

En fin de compte, il appartient aux conseils d’administration et hautes directions de se pencher sur l’enjeu des changements climatiques, d’en évaluer l’ampleur des risques, d’identifier les occasions potentielles qui s’y rattachent et de re(penser) leur stratégie d’affaires en conséquence, afin de choisir de faire partie de la solution ou non.

Une chose est sûre, les « bailleurs de fonds » – investisseurs, prêteurs, assureurs, gros clients et autres – vont tenir compte des changements climatiques dans leurs décisions.

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Marie-Josée Privyk

Marie-Josée Privyk, CFA, RIPC, accréditation SASB-FSA

Marie-Josée Privyk, experte-conseil ESG, aide les conseils d’administration et les hautes directions à fournir une divulgation efficace à propos d’enjeux ESG afin de répondre aux besoins informationnels grandissants des investisseurs et de bénéficier d’une amélioration de leur capital-réputation, de leur coût de capital et de leur valeur marchande.

Marie-Josée a bâti une carrière dans les marchés des capitaux – d’analyste financière et chef d’un service de recherche, à directrice des relations avec les investisseurs et du développement durable pour entreprise cotée en Bourse, et experte-conseil en intégration ESG – qui la positionne aujourd’hui au point de convergence des entreprises et des investisseurs.

Marie-Josée est membre de l’Association pour l’investissement responsable (AIR) du Canada et du Sustainability Accounting Standards Board (SASB). C’est également une ancienne présidente du comité organisateur du Concours du meilleur rapport de développement durable de l’Initiative pour la finance durable (IFD) et ancienne membre du conseil du chapitre Québec de l’Institut canadien des relations avec les investisseurs (CIRI). Elle est présentement membre du conseil d’administration de la Maison de soins palliatifs et centre de jour St-Raphaël.

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