Québec Solidaire et élection Québec 2018: entrevue au Journal Action PME

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Québec Solidaire

Le Journal Action PME remercie la collaboration de Québec Solidaire et leur souhaite bonne chance dans l’élection du 1 octobre 2018.

Sujet : taxes et impôts

Quelle est votre proposition en matière de gestion de taxes pratiquée sur les PME et plus spécialement les TPE existantes ?

Tout en maintenant le niveau des taxes actuel, Québec solidaire s’assurera que Revenu Québec fait preuve de souplesse et de discernement lorsque vient le temps d’appliquer ces règlements. Les lois et les procédures qui concernent l’impôt et les taxes sont parfois complexes pour les entrepreneurs, et c’est pourquoi le ministre des Finances d’un gouvernement solidaire aura une sensibilité particulière à leur égard. Il en va de la productivité et de l’efficacité des PME.

Les impôts s’appliquent normalement à tout le monde, pour les nouveaux diplômés qui viennent d’arriver sur le marché du travail ou qui veulent lancer leur PME/TPE, pensez-vous que ça serait bien de leur attribuer une plus faible imposition afin qu’ils puissent se stabiliser/payer leurs études pendant quelques années ?

Ce n’est pas une position que nous défendons. Évidemment, nous comprenons très bien d’où vient cette proposition. Elle vient du fait que de plus en plus d’étudiants et d’étudiantes finissent leurs études endetté-es. Voilà pourquoi nous proposons la gratuité scolaire du CPE au doctorat.

Pour ce qui est des études universitaires, la multiplication des frais administratifs, les augmentations de frais de scolarité des dernières années (hausse de 30 % entre 2007 et 2012 du PLQ), ainsi que l’indexation annuelle de 3 % en vigueur depuis 2013, constituent un obstacle à l’accessibilité aux études universitaires et provoquent un endettement qui est néfaste pour nos jeunes.

Sujet : pénurie de main-d’œuvre

Quelles sont les actions concrètes que vous proposez pour appuyer les PME en regard de la pénurie de main-d’œuvre qui sévit partout dans la province ?

Une pénurie de main-d’œuvre est toujours reliée aux conditions de travail et à la formation. En ce moment au Québec, il y a différents secteurs qui subissent une pénurie de main-d’œuvre, dont il faut améliorer les conditions de travail. Dans un marché de l’emploi contracté, l’offre doit se faire plus généreuse pour attirer une demande.

L’augmentation du salaire minimum aura un effet d’entraînement sur le reste de l’économie, puisque ceux et celles qui en profiteront vont réinjecter ces sommes dans l’économie, et notamment, dans des commerces de proximité. La hausse du salaire minimum va aussi exercer une pression à la hausse sur l’ensemble des salaires.

Pour ce qui est de la formation, notre proposition de gratuité scolaire aurait des effets importants à long terme. Les frais de scolarité peuvent être un frein pour de nombreuses personnes. Un meilleur accès à l’enseignement supérieur formerait de meilleurs citoyens et mieux éduqués, ce qui ferait en sorte d’avoir une main-d’œuvre encore mieux qualifiée.

Sujet : immigration

Concernant les démarches et l’arrivée de nouveaux immigrants pour travailler dans les PME.

Est-ce que vous avez l’intention de faire pression sur le gouvernement fédéral afin de changer les délais d’approbation de citoyenneté, dans le but d’aider les PME ?

Qu’avez-vous l’intention de faire pour nous aider ?

Nous pourrions très bien faire pression sur le fédéral, mais nous croyons que le fédéralisme est irréformable. Voilà pourquoi il est important que le Québec accède au statut de pays le plus rapidement possible. Nous voulons avoir un système d’immigration humaniste qui ne considère pas les nouveaux arrivants et arrivantes uniquement comme de la main-d’œuvre, mais bien comme des futur-es citoyens et citoyennes à part entière.

Nous voulons mettre sur pied des carrefours d’accueil en immigration. Ces carrefours seraient des bureaux de services répartis sur le territoire québécois. Ils seraient gérés par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion et agiraient comme un guichet gouvernemental unique d’information et d’orientation dirigeant les personnes vers les ressources disponibles : classes de francisation, recherche d’emploi, reconnaissance des diplômes, soutien, etc. Ces carrefours auraient aussi le mandat de faciliter l’intégration des immigrants et immigrantes en région.

Sujet : les régions

Comment se traduira le soutien aux différentes organisations déjà présentes sur le territoire qui aident les PME et les TPE pour le prochain mandat ? (Société de développement commercial, et autres associations d’affaires regroupant habituellement de façon grandement majoritaire les PME.

Pour favoriser des activités économiques diversifiées dans toutes les régions, nous proposons de rétablir des conseils régionaux de développement (CRD) où siégeront des membres des conseils municipaux locaux, des citoyennes et citoyens, ainsi que des personnes de la société civile. L’abolition des CLD a été une véritable catastrophe pour le développement économique de nos régions. Il est temps de donner des moyens à nos régions en ce qui a trait au développement économique.

Chaque CRD sera doté d’un fonds de développement économique qu’il pourra investir selon les priorités locales dans des entreprises qui redynamiseront le tissu social et économique de la région.

Sujet : nouvelles industries

Est-ce que votre formation politique a des stratégies de développement de nouvelles industries qu’on pourrait aider à créer au Québec par région ?

Nous avons déposé un plan de transition économique qui est une réponse au plus grand défi de notre génération, soit les changements climatiques. Il faut arrêter de voir l’environnement et l’économie comme des sujets antinomiques. La crise climatique à laquelle nous devons faire face nous offre des opportunités de transformer notre économie.

Notre plan de transition économique est nécessaire pour le Québec et la planète. Il fixe des étapes et des cibles concrètes pour implanter progressivement chacune de nos mesures. Il implique tous les acteurs de la société, du secteur public au privé, de la société civile à la communauté scientifique. C’est un plan ambitieux, c’est vrai, mais il est solide, cohérent et réaliste.

Nous souhaitons notamment développer le secteur du lithium, qui sera central à l’électrification des transports, et installer au Québec une grappe industrielle qui va de l’extraction jusqu’au recyclage en passant par la transformation. Nous comptons aussi mieux développer le secteur de la biomasse qui va permettre à la fois de réduire les émissions de certaines industries et de redynamiser le forestier.

Il est urgent de transformer notre économie pour sauver notre environnement. Sortir des hydrocarbures, créer 300 000 emplois verts et réduire nos émissions de GES de 48 % d’ici 2030. C’est possible avec de la volonté politique.

Sujet : guerre commerciale

Les nouvelles mesures américaines et le type de négociations qui amènent un climat politique protectionniste vont inévitablement affecter les normes des autres gouvernements mondiaux.

Comment votre formation politique entend-elle soutenir les PME du Québec, tant au point de vue du développement de marché et de l’aide financière que législatif (envers les États-Unis et le monde) ?

Nous croyons que des institutions comme Investissement Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec doivent jouer un rôle central pour soutenir nos PME, et dans le développement économique du Québec. Nous allons donc revoir le rôle de la Caisse de dépôt et placement pour soutenir un développement économique fondé sur des valeurs sociales et environnementales et sur la création d’emplois.

Pour ce qui est des négociations internationales, nous savons que le Québec a peu de pouvoir sur les décisions que prendra ou ne prendra pas le gouvernement fédéral. Nous voulons que toutes les décisions de relations internationales soient prises par le gouvernement du Québec et cela passe nécessairement par l’indépendance du Québec que nous réaliserons dans un premier mandat.

Sujet : TPE

La tendance des entreprises est de faire affaire avec beaucoup plus de travailleurs autonomes, qu’on peut parfois considérer comme des TPE.

Avez-vous une ou des idées qui pourraient faciliter le soutien et le développement des TPE au Québec ?

Nous considérons que plusieurs travailleurs et travailleuses sont souvent considéré-es, à tort comme des travailleurs autonomes. C’est-à-dire qu’ils sont en fait des salariés qui travaillent pour un seul employeur, qui les présente comme des travailleurs autonomes pour éviter de débourser les charges sociales liées au salariat. Nous installerons donc une présomption simple de salariat, ce qui simplifiera et clarifiera pour tout le monde les statuts d’emploi.

Pour les véritables travailleurs autonomes, nous proposons des réductions importantes de tarifs dans les services publics – soins dentaires, éducation, transport en commun – et dans les autres factures – services Internet, transport interurbain – qui appuieront leur développement. Nous voulons étudier la mise en place d’un système de retraite universel qui inclurait plus simplement les travailleurs autonomes dès notre arrivée au pouvoir.

Sujet : démarrage d’entreprise

Quels mesures/outils/actions sont mis de l’avant pour soutenir les nouveaux entrepreneurs qui se lancent en affaires ?

Le gouvernement libéral a éliminé les instances locales et régionales de développement qui jouaient pourtant un rôle fondamental dans le développement d’entreprises. Nous allons refinancer ce secteur avec des fonds nouveaux de 100 M$ annuellement. À certains de ces fonds s’ajouteront des redevances venues du secteur minier dans les régions concernées.

Sujet : projet d’avenir et de développement

Avez-vous un projet d’avenir et de développement pour aider l’ensemble des PME ?

Avez-vous un projet d’avenir et de développement pour aider l’ensemble des TPE ?

Nous avons un projet d’avenir qui devrait intéresser l’ensemble des PME et des TPE : avoir encore une planète sur laquelle il est possible de faire des affaires, et accessoirement de survivre, dans les cinquante prochaines années. La transition économique nécessaire stimulera certaines PME et certaines TPE, ce qui leur permettra de croître, mais elle s’assurera surtout que les êtres humains qui les ont créées et ceux qui y travaillent pourront continuer de vivre sur la Terre.

La production d’énergie verte, le développement de nouvelles technologies, l’adoption de nouveaux modes de transport, tout cela sera également bénéfique pour certaines entreprises.

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